Ordener. Paris 18

Tranches de vie

Hubert & Roy Architectes Associés / Florence Mercier, paysagiste
Amétis, Moa / Aximo, bailleur social / Un toit et nous, association d’habitants / Habitats solidaires, organisme porteur des PSLA

La ville et la société de demain gagneront à être plus solidaires et plus résilientes. Si nous décidons de remédier à la pénurie des ressources, à l’augmentation des pollutions de toutes natures, si nous décidons d’améliorer nos bilans carbone et nos consommations d’énergie, si nous considérons que la vie en ville est riche de ses interactions, de la variété de ses activités et de ses modes d’habiter, alors une transformation sociétale et environnementale peut être mise en œuvre dès aujourd’hui.
Le site Ordener, par sa configuration inhabituelle, suggère un programme tirant parti du contexte. Des logements certes, mais de natures diverses et sur un montage différent : logements sociaux et logements participatifs côte à côte, panachés. En complément, une crèche. Dans quelle ville ces jeunes enfants vivront-ils adultes? Bordé par de hauts pignons, le projet «
Tranches de vie » est enserré dans la trame urbaine. Réutilisée et partiellement convertie en serre, la halle métallique abrite la cour de la crèche, ainsi que des cultures hors-sol ; elle est aussi le support de panneaux photovoltaïques. Enclavé, ne possédant sur le quartier qu’une façade de largeur réduite, le projet ouvre vers le ciel un espace partagé, pratiqué et traversé. Équipé de locaux mutualisés, le jardin haut est cultivé par les habitants. Un aménagement qui met en place les conditions d’une économie d’échange de savoirs et de savoir-faire liés à l’écologie urbaine.
Sous la forme d’une promenade en hauteur, la distribution horizontale se substitue à la simple addition de « cages d’escalier ». Elle ouvre au contraire les « cages » d’escalier à la végétation, à la culture, aux oiseaux. Se développant sur toute la profondeur de la parcelle, ce parcours est en connexion avec la rue; il offre des vues dégagées vers le quartier proche et vers le paysage parisien, et est relié aux couloirs de biodiversité des alentours. Sa continuité végétale l’inscrit dans la trame verte de la ville, il participe à la dépollution de l’air, à la rétention d’eau, à l’accueil de la flore et de la faune… Une parcelle « productive » qui s’inscrit dans un cycle d’économie circulaire devient « ressource » pour le quartier ou l’îlot, mutualise son énergie produite, crée de la matière première, recycle ses déchets.